Le cerf-volant de Margaux
Confiance en soi · 8 ans et plus · 7 min de lecture
Écrite avec l'IA sous la direction de Pierre Filstroff, publiée le
Margaux a passé un mois à construire son cerf-volant. Il s'est écrasé en trente secondes devant tout le village. Le soir, un voisin passe la voir avec un morceau de toile.
Margaux avait passé tout le mois d'août dans le garage. Sur l'établi de son père, entre les boîtes de vis et les pots de colle, elle avait construit un cerf-volant en forme de raie manta : deux grandes ailes de toile bleu nuit, une armature de baguettes de bambou qu'elle avait poncées une à une, et une longue queue cousue avec des chutes de rideau. Elle l'avait baptisé Marée. Sur la toile, elle avait peint des taches pâles, comme des étoiles dans l'eau.
Le concours du village avait lieu le premier dimanche de septembre, sur la grande dune derrière la plage. Chaque année, une trentaine d'enfants s'y retrouvaient, et chaque année, le même garçon, Oscar, gagnait avec un cerf-volant rouge acheté en magasin. Margaux ne rêvait pas forcément de gagner. Elle voulait que Marée monte plus haut que la dune et reste là-haut.
Le dimanche, le vent était parfait, un vent régulier venu de la mer, qui sentait le sel et le sable tiède. Margaux se plaça face à lui, le cœur tambourinant, pendant que son père tenait la bobine. Quand elle se mit à courir, Marée se leva, hésita, puis grimpa dans le ciel sous les « oh » de la foule. Dix mètres. Vingt mètres. Margaux sentait la ficelle tirer sur ses doigts, et elle crut que tout allait bien.
Puis une rafale tourna. Marée pencha d'un côté, se mit à tournoyer et tomba comme une pierre. Elle s'écrasa dans les oyats avec un craquement sec. Une baguette s'était brisée en deux, et l'aile gauche pendait, déchirée sur toute sa longueur. Quelqu'un rit, sans méchanceté, mais Margaux l'entendit. Au même moment, un peu plus loin, le cerf-volant rouge d'Oscar montait dans le ciel.
Elle ne resta pas pour la remise des prix. Elle ramassa Marée dans ses bras, la queue traînant derrière elle dans le sable, et descendit la dune par le sentier du fond, celui que personne n'utilisait. Son père la rejoignit en bas et marcha à côté d'elle sans rien dire. Au bout d'un moment, il lui prit simplement la bobine des mains.
Le soir, elle posa Marée sur le tapis de sa chambre et ne la regarda pas. Elle regarda le plafond. Dans sa tête, une phrase tournait depuis le début de l'après-midi : un mois entier pour trente secondes. Peut-être qu'elle n'était pas douée pour ça. Peut-être qu'elle aurait dû acheter un cerf-volant, comme Oscar.
Vers huit heures, son père frappa à la porte de sa chambre. Derrière lui se tenait Gaston, le voisin du bout de la rue, celui qui faisait le tour de la dune chaque dimanche avec sa canne. « Il a quelque chose pour toi », dit son père. Gaston regarda Marée sur le tapis. « Beau travail. » « Elle est tombée. » « Je l'ai vue. » Il s'appuya sur sa canne. « Mon premier cerf-volant, je l'ai planté dans le bassin de l'église. J'avais onze ans. Le curé l'a repêché avec une épuisette. » Margaux eut un petit sourire malgré elle. « Le vent n'a pas d'avis sur ton cerf-volant, dit Gaston. Il fait ce qu'il fait. »
Il lui tendit un morceau de toile bleue. « Ça, c'est à toi. Tu l'avais perdu dans les oyats. » Puis il redescendit l'escalier avec son père, sa canne cognant chaque marche, et Margaux resta assise sur son lit, le morceau de toile dans la main.
Elle refit la scène dans sa tête, lentement. Marée qui penche à gauche. Le tourbillon. La queue qui ne suit pas, trop légère, qui flotte au lieu de tirer. Elle se leva, prit la baguette cassée et la tâta. La cassure était nette. Elle fouilla dans le tiroir, trouva du fil de pêche et un tube de colle, et à la lueur de sa lampe de bureau elle posa une attelle sur la baguette, serrant les tours de fil un par un, comme son père le lui avait montré.
La déchirure de l'aile, elle la recouvrit avec le morceau de toile de Gaston. Elle ajouta un nœud de plus à la queue, avec une chute de rideau un peu plus lourde, puis elle s'arrêta. Il était tard. La colle devait sécher toute la nuit. Elle posa Marée sur le bureau, éteignit la lampe et se glissa sous la couette.
Par la fenêtre ouverte, elle entendait le vent dans les oyats, le même vent de la mer, régulier. Elle compta ses prochains essais : un le lendemain après l'école, un autre le week-end suivant. Il y avait sûrement un coin de la dune où le vent tournait moins. Sa respiration ralentit. Sur le bureau, la queue de Marée se balançait un peu dans le courant d'air, comme si elle écoutait aussi. Margaux s'endormit.
Son prénom, ses mondes, sa première histoire
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