La souris qui parlait tout bas
Timidité · 5-7 ans · 5 min de lecture
Écrite avec l'IA sous la direction de Pierre Filstroff, publiée le
Le premier jour d'école, personne n'entend le prénom de Rose. Le soir, pourtant, six petites musaraignes qui n'arrivent pas à dormir vont tendre l'oreille vers elle.
Rose avait une toute petite voix. À la maison, ça n'avait jamais posé de problème, parce que sa maman l'entendait toujours. Mais le premier matin à l'école de la grande prairie, quand Madame Grenouille demanda « Qui veut nous dire son prénom ? », Rose ouvrit la bouche et il n'en sortit qu'un souffle. « Pardon ? dit Madame Grenouille. Un peu plus fort. » Rose sentit ses joues chauffer jusqu'au bout de ses oreilles. Elle se tut.
À la récréation, tout le monde criait. Les lapereaux jouaient à chat en hurlant, les grillons faisaient un concours à celui qui chanterait le plus fort. Rose se glissa derrière un trèfle et regarda. Elle avait envie de jouer. Elle avait aussi envie de disparaître. Les deux en même temps, et c'était très fatigant.
Une petite musaraigne vint s'asseoir à côté d'elle. « Tu t'appelles comment ? » Rose murmura quelque chose. La petite musaraigne pencha la tête et approcha son oreille. « Rose », répéta Rose. « Rose ! Moi, c'est Brindille. Je t'entends très bien, si je me mets tout près. » Elle ne dit rien de plus. Elle sortit une graine de tournesol de sa poche, la cassa en deux et en donna la moitié à Rose.
Le soir, à la sortie, Brindille prit Rose par la manche. « Viens. Chez moi, c'est la catastrophe. » Sous la racine du vieux saule, six petites musaraignes, les cousins de Brindille, sautaient sur les lits, roulaient dans la mousse et poussaient des cris aigus. Leur tante répétait « Chut ! Chut ! Chut ! », et plus elle disait chut, plus ça criait. La nuit tombait, et personne n'avait sommeil.
Rose voulut repartir. Mais Brindille lui serra la manche. « Toi, tu sais faire. » Rose s'assit sur la marche de mousse, au bord du terrier. Son cœur battait fort. Alors elle commença, tout bas, la comptine que sa maman lui chantait pour s'endormir : « Un pétale, deux pétales, trois pétales qui tombent… »
Au début, personne ne l'entendit. Puis la plus proche se tut pour mieux écouter. La suivante se pencha. Une autre s'assit. « Quatre pétales, cinq pétales… » Rose parlait de plus en plus doucement, et plus elle baissait la voix, plus les petites s'approchaient, jusqu'à former un cercle de six têtes rondes, les oreilles tendues vers elle. « Huit pétales, neuf pétales… »
Au dixième pétale, il n'y avait plus un bruit dans le terrier. Les six petites dormaient en tas, le nez dans la mousse. Leur tante serra la patte de Rose sans rien dire, de peur de les réveiller. Brindille raccompagna Rose jusqu'au bout du chemin, sous la lune. « Demain, à la récré, je te garde une place », chuchota-t-elle. « D'accord », répondit Rose, à peine plus haut qu'un souffle, et Brindille l'entendit.
Chez elle, Rose se glissa dans son lit en boule. Sa maman lui demanda comment s'était passée la journée. « J'ai une amie », dit Rose tout bas, et sa maman, qui l'entendait toujours, sourit dans le noir. Dehors, les grillons avaient enfin fini leur concours. Rose s'endormit en comptant des pétales.
Son prénom, ses mondes, sa première histoire
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