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Guide

Méthode syllabique ou globale : ce que disent le Ministère et la recherche

Au CP, le Guide orange du Ministère recommande la démarche syllabique : on enseigne les lettres et les groupes de lettres un par un, et l'enfant lit tout de suite des syllabes puis des mots. La méthode globale, qui fait mémoriser des mots entiers, n'est plus guère utilisée, mais beaucoup de manuels restent « mixtes ».

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Syllabique, globale, mixte : de quoi parle-t-on ?

Dans une démarche syllabique, on part du graphème, c'est-à-dire de la lettre ou du groupe de lettres qui note un son, et on apprend à lire les syllabes qui le combinent. Le guide du Ministère donne un exemple : savoir lire « pa » permet de lire « paquet », « tapage » ou « espagnol », à condition que les autres syllabes de ces mots soient connues. Le nom vient du fait que nous parlons avec des mots articulés en syllabes et que nous retrouvons les mêmes syllabes à la lecture.

Dans une méthode globale, l'enfant mémorise des mots entiers comme des images, puis devine les autres à l'aide du contexte ou du dessin. Le guide cite le chercheur José Morais : cet apprentissage permet de reconnaître des mots comme on reconnaît un signe routier, mais « il ne permet pas d'identifier des dizaines de milliers de mots qu'on n'a jamais lus, ou entendus ».

La méthode mixte, que le guide décrit comme la plus répandue, combine plusieurs façons d'identifier un mot : le décodage, la reconnaissance globale, le déchiffrage partiel, le contexte, le dessin. Pour le guide, l'enfant doit alors choisir une stratégie à chaque mot, et la connaissance des correspondances entre lettres et sons « se trouve en concurrence avec les autres choix d'identification : elle perd beaucoup de son efficacité ».

Ce que recommande le Guide orange

Le guide « Pour enseigner la lecture et l'écriture au CP », surnommé Guide orange, a été mis à disposition des professeurs en avril 2018 et réédité en août 2019. Il s'appuie sur deux éléments qu'il dit validés scientifiquement : la nécessité d'enseigner explicitement les correspondances entre graphèmes et phonèmes, et le lien entre la capacité à déchiffrer sans hésiter et la compréhension des textes. Il en conclut que « la démarche syllabique répond le mieux à ces deux exigences ».

Il en tire une règle simple, appelée principe de déchiffrabilité : l'élève ne doit jamais avoir à déchiffrer un graphème qu'on ne lui a pas enseigné. Cela explique que les premiers textes du CP soient si simples. Le détail de cette règle est dans le guide sur les textes déchiffrables.

Le guide est une recommandation du Ministère, pas une description de toutes les classes. Il note lui-même que la grande majorité des manuels s'appuient sur une méthode dite mixte, et que la méthode globale n'est plus guère utilisée, même si des reliquats de ses pratiques persistent.

Ce que dit la recherche, et ce qu'elle laisse ouvert

La revue de Castles, Rastle et Nation (2018), publiée dans une revue internationale de psychologie, fait le point sur l'apprentissage de la lecture. Les auteurs présentent l'enseignement explicite des correspondances entre lettres et sons comme un socle, mais rappellent que d'autres processus sont nécessaires pour comprendre les textes lus. Cette revue porte surtout sur l'anglais, dont l'orthographe est différente de celle du français : on ne la transpose pas telle quelle.

En France, la conférence de consensus organisée en 2016 par le Cnesco et l'Institut français de l'Éducation va dans le même sens. Son jury recommande d'introduire au moins une dizaine de correspondances entre graphèmes et phonèmes dès le début du CP, pour que les élèves puissent décoder des mots seuls, et de ne pas séparer le travail sur le code du travail sur le sens. Il prend aussi ses distances avec les « polémiques artificielles sur les méthodes de lecture », souvent « en décalage complet avec la réalité des pratiques ».

L'étude « Lire et écrire », dirigée par Roland Goigoux, a suivi 131 classes de CP et 2 507 élèves. Le Guide orange la cite pour deux résultats : les textes lus à la dixième semaine ne comptaient que 43 % de graphèmes déchiffrables en moyenne, de 11 % à 76 % selon les classes, et les meilleurs résultats en code se trouvaient dans les classes qui avaient étudié 14 ou 15 correspondances pendant les neuf premières semaines. Roland Goigoux juge par ailleurs la catégorie « méthode » trop grossière pour expliquer les écarts, et d'après le compte rendu de la présentation des résultats, un manuel plus centré sur le code n'a pas donné de meilleurs résultats en code. Les auteurs regardent plutôt du côté des pratiques de la classe que de l'étiquette du manuel.

Votre enfant choisit ses mondes, l'épisode du soir en découle

Le catalogue d'univers est fermé : votre enfant en désigne jusqu'à cinq. Chaque épisode est écrit spécialement pour lui, avec son prénom et les personnages qu'il a choisis. Touchez des pastilles pour voir comment les univers se combinent.

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Saga « Animaux sauvages × Voyage en train » · épisode 3 sur 6

Léa et le terrier au bout du wagon sept

La troisième sortie du terrier ne donne pas sur la forêt, elle donne sous les rails. Le renardeau est monté dans le train de 21h04, et Léa a sept gares pour le retrouver avant le terminus. Elle y monte sans billet.

Sous la banquette du wagon sept, trois poils roux et une empreinte grande comme une pièce. Le train ralentit, repart, et le renardeau descend à chaque gare pour vérifier quelque chose.

Léa a compté jusqu'à trois, puis elle y est allée, toute seule.

  • un terrier à trois sorties · Animaux sauvages
  • un wagon où personne ne dort · Voyage en train

Cet exemple illustre la mécanique : les épisodes réels sont choisis selon les mêmes univers et le même âge. Avec 2 univers cochés, tous les épisodes se ressembleront. À partir de trois, les croisements changent chaque soir.

Genre
Son âge
Univers croisés

Animaux & nature

+ encore

Aventure & imaginaire

+ encore

Espace & sciences

+ encore

Vie quotidienne

+ encore

Ailleurs & voyages

+ encore

Émotions & valeurs

+ encore
Sports & activités Métiers & découvertes

2 univers cochés sur 5 possibles.

Ce qui revient, quelle que soit l'étiquette

Si l'on met de côté les mots de la querelle, plusieurs points se retrouvent dans ces sources. Les sons sont enseignés explicitement et à un rythme soutenu. Les textes donnés à lire contiennent surtout des sons déjà vus, ce qui laisse l'enfant réussir. L'écriture accompagne la lecture : le guide parle de copie, de dictée et de phrases écrites avec des mots que l'enfant sait déchiffrer. Enfin, le sens n'est pas remis à plus tard.

Sur ce dernier point, le guide est net : il ne faut pas penser que la construction du code est déconnectée de celle de la compréhension. Il demande que le vocabulaire s'enrichisse en parallèle et que la compréhension soit travaillée sur des textes entendus, puis sur des textes déchiffrés par l'élève au fur et à mesure que le code s'installe. Une démarche syllabique n'ignore donc pas le sens.

Observer la classe de votre enfant

Vous n'avez pas besoin de savoir quelle étiquette porte le manuel. Demandez plutôt à l'enseignant quels sons ont été étudiés et dans quel ordre, et regardez si les textes que votre enfant rapporte ne contiennent que des sons vus. Un texte plein de mots qu'il n'a pas pu apprendre l'oblige à deviner, ce que la démarche cherche justement à éviter. La progression des sons au CP donne un repère sur l'ordre habituel.

Un mot inventé, comme « mipou » ou « larofi », ne peut pas être deviné : il se lit ou il ne se lit pas. Proposé comme un jeu, il montre vite si votre enfant assemble les sons ou s'il remplace un mot par un autre qu'il connaît. Si le second cas revient souvent, parlez-en à l'enseignant plutôt que de reprendre toute la méthode à la maison.

À la maison, sans refaire la méthode de la classe

Il ne vous revient pas de choisir une méthode : faites-lui lire un peu chaque jour des textes à sa portée. Dix minutes de lecture avec un texte qu'il peut déchiffrer en entier suffisent. S'il hésite sur un mot, demandez-lui de le lire son par son plutôt que de le lui donner. S'il bloque durablement, lisez ce guide sur l'enfant qui n'arrive pas à lire.

Pour ces moments, l'outil gratuit de textes déchiffrables de Lulio peut servir : vous cochez les sons étudiés en classe et il compose un texte qui ne contient que ceux-là. Les histoires du soir, elles, restent le moment où c'est vous qui lisez.

« Lire ce n'est pas deviner. Plus le lecteur est expert, moins il devine. »

Cnesco et Ifé, conférence de consensus « Lire, comprendre, apprendre », dossier de synthèse, mars 2016 (rappel des conclusions de la conférence de 2003)

Quelle que soit l'étiquette, les sources convergent sur le même point : des sons enseignés dans l'ordre, des textes que l'enfant lit sans deviner, et le sens travaillé en parallèle.

Voir un exemple d'épisode, sans inscription

Questions fréquentes

Le guide du Ministère écrit qu'elle n'est plus guère utilisée, mais que des restes de ses pratiques persistent, par exemple la mémorisation de mots entiers. Pour savoir ce qu'il en est dans la classe de votre enfant, le plus simple est de poser la question à l'enseignant.

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Neuf questions, trois minutes. Vous voyez son univers se construire écran après écran, et son premier épisode, offert, s'écrit aussitôt.

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