Aller au contenu
Guide pratique

L'enfant qui refuse d'aller se coucher

Un enfant qui refuse d'aller se coucher est le plus souvent fatigué : il résiste à la séparation et à la fin de la journée. Ce qui aide, c'est une limite annoncée avant, au début du rituel, rappelée une seule fois, puis tenue de la même façon à chaque sortie de chambre. Le guide décrit aussi le carton de sortie.

Par , publié le et mis à jour le

Pour le coucher, Lulio écrit une histoire où votre enfant est le héros, et la suite arrive chaque soir. Le premier épisode est offert.

Essayer gratuitement

Résister au coucher n'est pas ne pas avoir sommeil

Un enfant qui résiste au coucher est le plus souvent fatigué : ce qu'il refuse n'est pas le sommeil, c'est la séparation et la fin de la journée. Il réclame un verre d'eau, une histoire de plus, un dernier câlin, puis ressort trois fois de sa chambre.

Cette résistance est très courante chez les tout-petits. Dans une enquête auprès de 318 mères d'enfants de 12 à 36 mois, 61,3 % la signalaient, sans écart entre les plus jeunes et les plus âgés. Les enfants concernés mettaient deux fois plus de temps à s'endormir et dormaient moins longtemps la nuit. Les plus jeunes pleuraient ou faisaient des crises plus souvent, les plus grands avaient des comportements plus variés.

Comme ce qui se joue est la séparation, les parents qui ajoutent une étape au rituel dans l'espoir de mieux préparer le terrain obtiennent en général l'inverse : le rituel s'allonge, la négociation se déplace, et le coucher recule d'un quart d'heure de plus.

La question n'est donc pas comment fatiguer davantage l'enfant, mais comment rendre la fin du rituel prévisible au point qu'elle cesse d'être négociable. Pour construire le rituel lui-même, le guide sur le rituel du coucher détaille les étapes ; pour des difficultés d'endormissement ou des réveils qui durent des mois, c'est plutôt le guide sur l'insomnie de l'enfant qui répond.

Ce que dit la recherche sur le cadre

Les approches comportementales réduisent les difficultés de coucher du jeune enfant. Une revue de l'American Academy of Sleep Medicine a synthétisé cinquante-deux études de traitement des difficultés de coucher et des réveils nocturnes : quatre-vingt-quatorze pour cent concluaient à leur efficacité, et plus de huit enfants traités sur dix montraient une amélioration cliniquement significative, maintenue de trois à six mois.

Le terme recouvre des choses simples : des limites annoncées et tenues, un rituel court et identique, des réponses prévisibles quand l'enfant appelle ou ressort. Ce que la revue documente n'est pas une méthode particulière, c'est la constance.

Un essai randomisé auprès de 405 mères et de leurs enfants de 7 à 36 mois va dans le même sens. Après deux semaines de rituel fixe, le groupe concerné s'endormait plus vite et se réveillait moins souvent et moins longtemps que le groupe qui gardait ses habitudes, et l'humeur des mères s'améliorait.

Ces travaux ne disent pas tout, et il faut le préciser : les critères diagnostiques variaient d'une étude à l'autre, les auteurs de la revue le déplorent eux-mêmes, et l'efficacité au-delà de six mois n'a pas été évaluée.

Ce qui fait tenir une limite

Une limite tient quand elle est annoncée avant, pas au moment où elle est franchie. « Ce soir, une histoire, puis je te borde et j'éteins » se pose au début du rituel, et se rappelle une fois, sans se rediscuter.

Elle tient aussi quand la réponse à la transgression ne varie pas. Un enfant qui ressort et obtient parfois un câlin, parfois une remontrance, parfois vingt minutes de plus, apprend surtout que cela vaut la peine d'essayer. Une réponse ennuyeuse et identique, qui consiste à le raccompagner sans discussion, sans lumière et sans commentaire, retire l'intérêt de la tentative en quelques soirs.

Elle tient enfin quand les deux parents répondent pareil. C'est la condition la plus difficile et celle qui fait le plus de différence.

Voir un exemple d'épisode, sans inscription

Une soirée type, de l'annonce à la dernière sortie

Prenons une soirée où la limite tient, avec un enfant de quatre ans qui ressort plusieurs fois de sa chambre. À 19 h 30, au début du rituel, le parent annonce : « Ce soir, une histoire, puis je te borde et j'éteins. » À 19 h 50, l'histoire se lit, la lumière s'éteint, et le parent dit la même phrase de fin avant de sortir.

À 20 h 05, l'enfant ressort pour réclamer de l'eau. Le parent le raccompagne en silence, sans lumière, sans discussion. À 20 h 12, il ressort une deuxième fois : même geste, même silence. À la quatrième sortie, rien n'a changé, et c'est cette absence de variation qui compte, bien plus que le nombre de sorties.

Les premières soirées peuvent être longues, parce que l'enfant vérifie que la règle tient. Les prévoir à l'avance évite de céder à la dixième sortie, qui est celle qui apprend à l'enfant qu'il suffit d'insister. Si le soir d'après la durée raccourcit à peine, ce n'est pas un échec : on compte en semaines, pas en soirs.

Le carton de sortie, pour les enfants qui ressortent

Le carton de sortie est une méthode documentée qui donne à l'enfant droit à une seule sortie de chambre, ou à une seule venue du parent, après le coucher. L'enfant reçoit un jeton, un carton ou une carte. S'il l'utilise, il la rend. S'il ne l'utilise pas, il la garde et cela se félicite le lendemain.

L'intérêt tient à ce qu'elle transforme un rapport de force en choix : l'enfant garde une porte de sortie, ce qui l'apaise, mais elle est comptée, ce qui la rend rare. Les parents cessent d'avoir à refuser dix fois.

Dans l'essai qui l'a évaluée, dix-neuf enfants de 3 à 6 ans avec résistance au coucher sortaient, appelaient et pleuraient nettement moins que le groupe de comparaison, et l'effet se maintenait à trois mois. L'échantillon reste petit : à prendre comme une piste utile plutôt que comme une preuve solide.

Quand la résistance cache autre chose

Un refus qui s'accompagne de pleurs de détresse, et non de protestation, oriente plutôt vers une angoisse de séparation ou une peur du soir : la réponse n'est alors pas de tenir plus fermement la limite, mais de traiter la peur.

Un enfant qui ne s'endort pas avant 23 heures quoi qu'on fasse peut avoir une horloge interne décalée plutôt qu'un problème de cadre, ce qui se travaille par la lumière du matin et le décalage progressif, pas par la fermeté.

Enfin, une résistance apparue brutalement chez un enfant qui se couchait bien mérite qu'on cherche ce qui a changé : une inquiétude, un événement à l'école, une douleur.

Sur cinquante-deux études de traitement des difficultés de coucher et des réveils nocturnes du jeune enfant, 94 % concluent à l'efficacité des approches comportementales, et plus de 80 % des enfants traités montrent une amélioration cliniquement significative, maintenue de trois à six mois.

Mindell, Kuhn, Lewin, Meltzer & Sadeh, « Behavioral treatment of bedtime problems and night wakings in infants and young children », Sleep, 2006

La résistance au coucher cède rarement à la fermeté seule et presque toujours à la prévisibilité : la même limite, annoncée au même moment, avec la même réponse, assez de soirs de suite pour que l'enfant cesse de vérifier.

Pour aller plus loin

Rituel du coucher : instaurer une routine apaisante, de 2 à 10 ans

Un bon rituel du coucher tient en trois ou quatre étapes, toujours dans le même ordre, à heure fixe à dix minutes près, week-end compris. La régularité compte plus que la durée : dix minutes chaque soir valent mieux que quarante minutes deux fois par semaine. Ce guide explique comment le construire, le tenir et l'adapter à l'âge.

Anxiété de séparation et sommeil de l'enfant : la comprendre pour l'accompagner au coucher

L'anxiété de séparation apparaît généralement vers 8 mois, avec un premier pic entre 8 et 10 mois et un second vers 18-24 mois, et s'estompe en général vers le deuxième anniversaire. Au coucher, un au revoir bref, annoncé clairement et identique chaque soir, aide plus que revenir à chaque protestation.

Peur du noir et angoisses du soir chez l'enfant : les comprendre pour les apaiser

Les peurs nocturnes touchent la majorité des enfants : 64,2 % en déclaraient dans une enquête auprès de 511 enfants et adolescents de 8 à 16 ans. Valider ce que l'enfant ressent sans valider la menace (« je vois que tu as peur »), puis lui donner un outil qu'il contrôle, comme une veilleuse ou un doudou, aide le plus.

Quelle heure de coucher pour que votre enfant se réveille serein ?

L'heure de coucher se calcule à rebours depuis l'heure de réveil : on retire la durée de sommeil recommandée pour l'âge, puis quinze minutes d'endormissement. Pour un enfant de 6 à 13 ans qui se lève à 7 h, les lumières s'éteignent entre 19 h 45 et 21 h 45. Indiquez son âge et son heure de réveil.

Le marchand de sable a du retard

Le marchand de sable a crevé un pneu de son nuage-vélo, et toute une rue de village doit apprendre à s'endormir sans lui, juste pour une nuit.

La nuit de la tempête au phare

Une nuit de grand vent, la lumière du phare s'éteint alors que le bateau du pêcheur Yvon n'est pas rentré. Maël va devoir aider son papa.

Le hérisson en colère

Pico a mis tout l'après-midi à bâtir sa tour de pommes de pin. Quand Prunelle la fait tomber, quelque chose se met à bouillir dans son ventre.

Voir un exemple d'épisode, sans inscription

Ce guide fait partie du dossier complet sur le sommeil de l'enfant

Questions fréquentes

Un enfant qui résiste au coucher est le plus souvent fatigué : ce qu'il refuse n'est pas le sommeil, c'est la séparation et la fin de la journée. Les demandes répétées (eau, câlin, histoire) servent à retarder ce moment. Ajouter une étape au rituel aggrave généralement les choses, parce que la négociation se déplace et que le coucher recule.

Son prénom, ses mondes, sa première histoire

Neuf questions, trois minutes. Vous voyez son univers se construire écran après écran, et son premier épisode, offert, s'écrit aussitôt.

Essayer gratuitement

Le premier épisode est offert, sans carte bancaire.