Changement d'heure et sommeil de l'enfant : passer à l'heure d'hiver en douceur
À l'heure d'hiver, la plupart des enfants retrouvent leur rythme en une à deux semaines si la routine du coucher reste régulière. Leur horloge interne n'ayant pas bougé, ils se réveillent d'abord une heure plus tôt à la pendule. Décaler le coucher de 10 à 15 minutes par jour avant le passage est facultatif, mais utile aux enfants sensibles.
Par Pierre Filstroff, publié le et mis à jour le
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Les horloges reculent d'une heure, mais le corps de l'enfant, lui, garde son rythme. Un enfant qui se réveillait à 7 h ouvrira les yeux vers 6 h à l'heure d'hiver, et celui qui s'endormait à 20 h aura sommeil dès 19 h. Rien d'anormal : son horloge interne continue de tourner sur l'ancien horaire tant qu'elle ne s'est pas recalée.
L'heure « gagnée » est d'ailleurs en partie une illusion. Une revue de la littérature sur le changement d'heure note qu'on trouve peu de preuves d'un vrai supplément de sommeil la nuit du passage à l'heure d'hiver. Elle note aussi que les réveils plus précoces des jours suivants finissent par coûter un peu de sommeil sur la semaine. Chez les tout-petits, souvent déjà très matinaux, ces réveils avancés se voient vite.
Rien à voir, pour autant, avec un décalage horaire en voyage : l'enfant reste dans sa maison, avec la même lumière du jour et le même rythme d'école ou de crèche. Il n'y a qu'une heure à absorber, sans changement de fuseau.
Faut-il décaler le coucher de l'enfant avant le changement d'heure ?
Ce n'est pas obligatoire. Deux approches fonctionnent pour passer à l'heure d'hiver, et l'approche progressive convient mieux aux enfants sensibles aux changements de rythme. Elle consiste à décaler le coucher d'environ 10 à 15 minutes plus tard chaque jour, pendant les trois ou quatre jours qui précèdent le dimanche 25. Si possible, le lever, les repas et la sieste suivent le même mouvement. Quand les horloges reculent, l'écart restant est déjà presque comblé.
L'autre option, plus simple, consiste à passer directement à l'heure d'hiver le dimanche et à couper la poire en deux les premiers soirs. Le Dr Chris Seton, médecin du sommeil de l'enfant à l'hôpital pour enfants de Westmead (Australie), conseille pour la plupart des enfants de fixer le coucher à mi-chemin entre l'ancien et le nouvel horaire. Cela revient à coucher l'enfant 30 minutes plus tôt que d'habitude à la pendule, puis à revenir à l'heure habituelle au fil des jours. L'hôpital pour enfants de Philadelphie (CHOP) recommande lui aussi de procéder par petites étapes, de 15 à 30 minutes.
Ce qu'il vaut mieux éviter : coucher l'enfant beaucoup plus tôt parce qu'il fait nuit à 18 h. Le Dr Seton rappelle qu'un enfant couché trop tôt risque de rester éveillé dans son lit, ce qui finit en frustration plutôt qu'en sommeil.
Bébé, petit enfant, écolier : ce qui change selon l'âge
Plus l'enfant est jeune et réglé comme une horloge, plus ce changement d'heure se remarque. Chez le bébé, le plus simple est de décaler ensemble repas et siestes, par petits paliers, plutôt que de tout recaler d'une heure le dimanche matin. Un bébé qui réclame son biberon à 6 h au lieu de 7 h le fait parce que son corps en est là, pas par caprice.
Chez le petit enfant de 1 à 3 ans, la sieste est souvent le premier repère à bouger : décalée d'une heure trop tôt, elle avance tout le reste de la journée. C'est à cet âge que le décalage progressif, ou le coucher « à mi-chemin », sert le plus.
L'enfant d'âge scolaire s'adapte en général plus vite, d'autant que l'école impose un horaire fixe dès le lundi. Quant aux adolescents, dont l'horloge a tendance à tourner tard, garder leur heure de coucher habituelle leur offre souvent, selon le Dr Seton, une heure de sommeil réellement gagnée.
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La lumière, le matin et le soir
La lumière recale le plus directement l'horloge interne de l'enfant, et le passage à l'heure d'hiver demande de s'en servir dans les deux sens. Le matin, tant que l'heure de lever prévue n'est pas arrivée, une chambre bien sombre (rideaux occultants, volets fermés) évite que les premières lueurs ne réveillent l'enfant encore plus tôt.
Une fois l'heure du lever venue, ouvrir grand les volets et sortir dans la journée aide le corps à comprendre qu'il fait jour. La lumière vive du matin fait baisser la mélatonine et facilite le réveil. Le soir, en revanche, mieux vaut tamiser les lumières et éloigner les écrans : leur lumière garde le cerveau en éveil et repousse l'endormissement.
Les siestes pendant la transition
Les siestes suivent le même mouvement que le coucher : on les décale par petits paliers plutôt que d'un bloc. Si l'enfant tombe de sommeil une heure plus tôt que d'habitude, on peut avancer la sieste d'une demi-heure les premiers jours, puis la ramener peu à peu vers son horaire habituel.
Attention à la sieste qui s'allonge pour compenser un réveil trop matinal : elle rogne sur la fatigue du soir et retarde le coucher. Mieux vaut garder sa durée habituelle et compter sur le rituel du soir pour faire le reste.
Combien de temps faut-il à un enfant pour s'adapter à l'heure d'hiver ?
La plupart des enfants retrouvent leur rythme en une à deux semaines après le passage à l'heure d'hiver. C'est le délai qu'indiquent les spécialistes du sommeil du CHOP pour un enfant qui garde une routine du coucher régulière. Les signes que c'est en bonne voie : l'enfant se réveille à nouveau à son heure habituelle à la pendule, s'endort sans lutter et retrouve son humeur de la journée.
Pendant ce temps, un rituel du coucher stable sert de point d'ancrage : mêmes étapes, même histoire, même enchaînement, quelle que soit l'heure affichée. Si les difficultés durent au-delà de deux semaines, le CHOP conseille d'en parler au pédiatre.
Au printemps, le dimanche 28 mars 2027, ce sera l'inverse : on avance d'une heure, et c'est le passage le plus difficile, car il retire du sommeil. Une étude menée auprès de lycéens américains a mesuré 32 minutes de sommeil en moins par nuit de semaine après le passage à l'heure d'été. Le même décalage progressif s'applique, cette fois en couchant l'enfant un peu plus tôt chaque soir.
En gardant une routine du coucher régulière, votre enfant devrait s'adapter à la fin de l'heure d'été en une à deux semaines environ. Si cela prend plus longtemps, parlez-en à son pédiatre.
Le passage à l'heure d'hiver ne demande ni méthode stricte ni semaine entière de préparation. Quelques couchers décalés d'un quart d'heure, une chambre sombre le matin, de la lumière dans la journée et un rituel qui ne bouge pas suffisent, la plupart du temps, à ce que l'enfant retrouve son rythme en une à deux semaines.
Pour aller plus loin
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Ce guide fait partie du dossier complet sur le sommeil de l'enfant
Questions fréquentes
Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, à 3 h, il sera 2 h : les horloges reculent d'une heure et l'on passe à l'heure d'hiver. Le corps de l'enfant garde son rythme. Celui qui se réveillait à 7 h ouvrira les yeux vers 6 h à la pendule, et celui qui s'endormait à 20 h aura sommeil dès 19 h.
Ce n'est pas obligatoire, mais l'approche progressive convient mieux aux enfants sensibles aux changements de rythme : on décale le coucher d'environ 10 à 15 minutes plus tard chaque jour pendant les trois ou quatre jours qui précèdent le dimanche 25. L'autre option consiste à passer à l'heure d'hiver le dimanche et à coucher l'enfant 30 minutes plus tôt que d'habitude à la pendule, puis à revenir à l'heure habituelle.
La plupart des enfants retrouvent leur rythme en une à deux semaines, selon les spécialistes du sommeil du CHOP, à condition de garder une routine du coucher régulière. Signes que c'est en bonne voie : réveil à l'heure habituelle à la pendule, endormissement sans lutte, humeur retrouvée. Si les difficultés durent au-delà de deux semaines, le CHOP conseille d'en parler au pédiatre.
Un bébé qui réclame son biberon à 6 h au lieu de 7 h suit son corps, il ne fait pas un caprice. Le plus simple est de décaler ensemble repas et siestes, par petits paliers, plutôt que de tout recaler d'une heure le dimanche matin. Le matin, une chambre bien sombre évite que les premières lueurs ne le réveillent encore plus tôt.
C'est le passage le plus difficile, car il retire du sommeil. Au printemps, le dimanche 28 mars 2027, on avance d'une heure. Une étude auprès de lycéens américains a mesuré 32 minutes de sommeil en moins par nuit de semaine après ce passage. Le même décalage progressif s'applique, en couchant l'enfant un peu plus tôt chaque soir.
Sources
- Harrison, « The impact of daylight saving time on sleep and related behaviours », Sleep Medicine Reviews, 2013
- Sydney Children's Hospitals Network, Dr Chris Seton, « Adjusting to daylight savings », 2025
- Medina, Ebben, Milrad, Atkinson & Krieger, « Adverse Effects of Daylight Saving Time on Adolescents' Sleep and Vigilance », Journal of Clinical Sleep Medicine, 2015
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