Textes de fluence à lire à voix haute, du CE1 au CM2
Choisissez un niveau pour voir tous ses textes, ou composez-en un avec le prénom de l'élève. Chaque texte vient avec les mots à expliquer, deux questions de compréhension et un chrono d'une minute pour compter les mots lus.
Ou tirez un texte au hasard, avec le thème et le prénom de votre choix :
Mesurer la vitesse de lecture
Lancez le chrono quand l'élève commence à lire un texte encore inconnu. À la fin, choisissez le dernier mot lu et indiquez le nombre d'erreurs : le score s'affiche ici, et Lulio n'en garde aucune trace. Objectif à ce niveau : 120 mots bien lus en une minute.
La première fois, votre téléphone ou votre ordinateur vous demande d'autoriser le micro. L'enregistrement reste sur votre appareil : Lulio ne le reçoit pas et ne le garde pas. Il s'efface dès que vous quittez la page. En savoir plus
Texte de CM2
Depuis six semaines, tous les mardis soir, l'orchestre de l'école répétait pour le concert de fin d'année. Madame Lambert, la cheffe, battait la mesure avec une baguette et un air sévère, qui cachait un cœur tendre. Au programme figurait une grande valse, avec violons, xylophones, tambourin et flûtes à bec. Lou tenait la flûte soprano, au deuxième rang, juste à côté de la partition posée sur un pupitre branlant. Le grand soir arriva. Dans le gymnase décoré de guirlandes, les chaises étaient pleines : parents, grands-parents, frères et sœurs bruyants, et même le maire. Dans les coulisses, Lou avait les mains moites et le cœur qui jouait déjà du tambour. « Respirez, murmura Madame Lambert. Et rappelez-vous : écoutez-vous les uns les autres. » Madame Lambert leva sa baguette. Les premières mesures s'élevèrent, douces et dansantes. Les violons tournoyaient, le xylophone étincelait, la flûte de Lou glissait par-dessus le reste comme un oiseau au-dessus d'un champ. La salle retenait son souffle. Puis, juste au moment du refrain, clac ! Toutes les lumières s'éteignirent. Le micro grésilla, puis mourut. Dans le noir, plusieurs instruments s'arrêtèrent net, les uns après les autres, avec de petits couacs gênés. Des chuchotements fusèrent dans le public. Quelqu'un laissa tomber une baguette. « Ce n'est rien, murmura la cheffe, mais on ne voit plus les partitions… » Un silence lourd, un peu inquiet, se posa sur la salle. Lou ferma les yeux. La mélodie du refrain n'avait pas besoin de papier : la musique tournait dans la tête depuis six semaines, aussi familière qu'une chanson de bain. Alors, tout doucement, Lou approcha la flûte des lèvres et fit entendre la première phrase. Une note, deux notes, trois notes, claires comme des gouttes d'eau. Dans le noir, un violon répondit, hésitant. Puis un deuxième. Le tambourin glissa un rythme léger, le xylophone ajouta quelques perles, et peu à peu tout l'orchestre se retrouva, à l'unisson, sans un seul mot. Même sans lumière, la valse reprit sa danse, plus tendre, presque chuchotée. Dans la salle, un petit garçon se mit à fredonner. Puis sa maman. Puis la moitié des chaises. On aurait dit une grande veillée. Quand le dernier accord s'éteignit, les lampes se rallumèrent d'un seul coup. Tout le monde cligna des yeux. Un silence, puis un tonnerre d'applaudissements. Le directeur s'avança sur l'estrade, rouge de plaisir. « Mesdames et messieurs, ce petit moment dans le noir était bien sûr prévu ! » Dans les rangs, Madame Lambert leva les yeux au ciel, puis adressa à Lou un clin d'œil. « Bien joué, la flûte. L'an prochain, on répétera aussi dans le noir. »
Réécouter
Pour progresser : lisez d'abord le texte à voix haute, puis faites-le relire deux ou trois fois dans la semaine. Chronométrez une relecture pour voir le progrès de Lou.
Mots à expliquer
- partition :
- Le papier sur lequel est écrite la musique, avec les notes à jouer pour chaque instrument.
- pupitre :
- Un petit support sur lequel on pose la partition ou un livre pour le lire pendant qu'on joue.
- couacs :
- Des notes fausses et désagréables, qui sortent de l'instrument par erreur.
- à l'unisson :
- Tous ensemble, en jouant ou en chantant exactement la même mélodie, au même moment.
- fredonner :
- Chanter doucement, la bouche presque fermée, sans prononcer les paroles.
Questions à poser après la lecture
Les réponses ne sont pas écrites dans le texte : on les devine avec les indices. Il n'y a pas une seule bonne formulation.
- Après la première phrase de flûte de Lou, tout l'orchestre reprend la valse, un violon après l'autre : pourquoi ?
Réponse attendue : Les musiciens retrouvent le fil de la mélodie en entendant la flûte, qui leur sert de repère à la place des partitions. - Que cherche le directeur en affirmant que le noir était prévu, et que pense Madame Lambert ?
Réponse attendue : Le directeur plaisante pour sauver la soirée ; Madame Lambert sait que c'est faux et trouve cela drôle.
À la maison, Lulio prend le relais : une histoire chaque soir où votre enfant est le héros, et un parcours de lecture adapté à son niveau. Le premier épisode est offert.
Essayer gratuitementLes repères officiels du CE1 au CM2
Chaque classe a un repère de fin d'année en mots correctement lus par minute, et beaucoup d'élèves n'y sont pas : en septembre 2025, seuls 53,2 % des élèves de début de CM2 avaient une fluence satisfaisante (DEPP, note d'information n° 26.31). Les chiffres classe par classe sont dans les repères de fluence par niveau.
| Niveau | Mots par minute en fin d'année |
|---|---|
| CE1 | 70 |
| CE2 | 90 |
| CM1 | 110 |
| CM2 | 120 |
Qu'est-ce que la fluence en lecture ?
Un élève fluent lit assez facilement pour que le décodage ne lui prenne plus toute son attention. On mesure la fluence en mots correctement lus par minute (MCLM) : l'élève lit à voix haute un texte qu'il n'a pas préparé, et l'on compte les mots lus sans erreur en soixante secondes.
À la fin du CE1, l'élève connaît en principe toutes les correspondances entre lettres et sons. Ce qui le freine ensuite, c'est la vitesse. Tant qu'il déchiffre mot à mot, il dépense son énergie à décoder et retient mal l'histoire. Quand la lecture devient fluide, il peut suivre le sens. Les programmes de 2024 en font un objectif chiffré, du CE2 au CM2.
Mesurer la fluence en une minute
Prenez un texte du niveau de l'élève, qu'il n'a jamais lu. Lancez le chrono quand il commence. Au bout d'une minute, repérez le dernier mot lu et comptez les erreurs : mot sauté, remplacé ou mal lu. Sur cette page, il suffit de choisir le dernier mot dans le texte, le chrono fait le calcul. Si l'élève finit avant la minute, sa vitesse est ramenée à la minute.
Mesurez sur une première lecture. Une relecture va plus vite, et c'est tout l'intérêt de l'entraînement, mais elle ne dit rien du niveau.
La lecture répétée : ce que dit la recherche
Relire plusieurs fois le même texte fait partie des méthodes les plus étudiées. Dans la méta-analyse de Therrien (2004), elle améliore la fluence (effet de 0,75) et la compréhension (0,73). Chez les élèves en difficulté, une méta-analyse de Lee et Yoon (2017) trouve l'effet le plus fort quand l'élève écoute d'abord le texte lu par un adulte. Yang (2006) conclut que les meilleurs entraînements associent fluence et compréhension.
Concrètement, l'adulte lit le texte à voix haute, puis l'élève le relit deux ou trois fois dans la semaine. On chronomètre une des relectures pour voir le progrès. Chaque texte raconte une histoire complète, avec un début, un problème et une fin : une centaine de mots au CE1, une demi-page au CE2, une à deux pages au CM1 et au CM2.
Vocabulaire et implicite
Le programme du cycle 3 traite le vocabulaire comme un domaine à part entière : l'élève rencontre un mot nouveau en contexte, l'étudie, puis le réemploie. Il lui demande aussi de repérer dans un texte « les informations explicites » et de « pointer des informations implicites ».
Chaque texte est donc accompagné de quatre ou cinq mots à expliquer, choisis pour le niveau, et de deux questions dont la réponse n'est pas écrite noir sur blanc. Pourquoi un personnage agit-il ainsi ? Que ressent-il ? Que veut dire tel geste ? Roland Goigoux et Sylvie Cèbe placent ce travail sur l'implicite au centre de l'enseignement de la compréhension.
En classe et à la maison
Le bouton Imprimer ne sort que le texte, sans les questions. On peut le distribuer, le projeter, ou le faire lire en binôme : un élève lit, l'autre suit et compte. À la maison, un parent peut faire la même chose. Le prénom du héros se change, et l'élève lit alors une histoire dont il est le personnage principal.
Votre élève bute encore sur certains sons ? Les textes déchiffrables se composent avec les seuls sons étudiés en classe, du CP au CE1.
Sources
- Ministère de l'Éducation nationale, programme de français du cycle 3 (CM1, CM2, 6e), décembre 2024
- Ministère de l'Éducation nationale, programme de français du cycle 2, BO n° 41 du 31 octobre 2024
- DEPP, « Fluence de lecture : une dynamique d'apprentissage plus forte à l'école qu'au collège », note d'information n° 26.31, juillet 2026
- Eduscol, repères pour travailler la fluence
- Therrien, « Fluency and Comprehension Gains as a Result of Repeated Reading: A Meta-Analysis », Remedial and Special Education, 2004 (résumé ASHA)
- Lee, Yoon, « The Effects of Repeated Reading on Reading Fluency for Students With Reading Disabilities: A Meta-Analysis », Journal of Learning Disabilities, 2017
- Yang, « A meta-analysis of the effects of interventions to increase reading fluency among elementary school students », Vanderbilt University, 2006
- Goigoux, Cèbe, « Compréhension au cycle 2 : dernières recherches » (académie de Nice)
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