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Textes de fluence à lire à voix haute, du CE1 au CM2

Choisissez un niveau pour voir tous ses textes, ou composez-en un avec le prénom de l'élève. Chaque texte vient avec les mots à expliquer, deux questions de compréhension et un chrono d'une minute pour compter les mots lus.

Ou tirez un texte au hasard, avec le thème et le prénom de votre choix :

Un autre texte

Mesurer la vitesse de lecture

Lancez le chrono quand l'élève commence à lire un texte encore inconnu. À la fin, choisissez le dernier mot lu et indiquez le nombre d'erreurs : le score s'affiche ici, et Lulio n'en garde aucune trace. Objectif à ce niveau : 120 mots bien lus en une minute.

Texte de CM2

Chaque soir, en rentrant de l'école, Lou passait sous le pont de la rivière en pédalant plus vite que d'habitude. Les grands de la classe racontaient qu'un monstre y vivait. Ce lundi-là, pourtant, un bruit de reniflement fit freiner net le vélo. « Scrouitch… hic ! Excusez-moi, je ne voulais déranger personne. » Sous l'arche, dans la pénombre, se tenait une créature immense, toute en poils violets, avec trois yeux ronds comme des soucoupes. Deux grosses larmes roulaient sur sa joue. « Je m'appelle Gromelot, bredouilla le monstre. Je vous en prie, ne criez pas. Tout le monde crie quand on me voit. » Lou n'avait pas envie de crier. Le cœur battait fort, certes, mais la voix du géant était si douce qu'on aurait dit celle d'un ours en peluche enrhumé. « Pourquoi pleures-tu ? — J'ai ramassé plein de choses perdues : des gants, des cartables, une clé, un doudou en forme de lapin… Je voudrais les rendre, mais personne n'ose s'approcher de moi. » Derrière lui s'entassait une montagne d'objets, chacun marqué d'une étiquette écrite à la patte. Gromelot avait même noté, pour chaque trouvaille, l'endroit exact du ramassage. Lou se gratta la tête, puis eut une idée. « Samedi, c'est la kermesse de l'école. On installera un stand d'objets trouvés. Tu te cacheras derrière un grand rideau, avec juste une patte qui dépasse pour tendre les affaires. Les gens croiront à un robot. » Le monstre ouvrit ses trois yeux en grand. « Un robot ? Quelle drôle d'idée ! J'adore ! » Le samedi, devant le stand, une file s'allongea très vite. « Quel robot extraordinaire ! » disaient les parents en récupérant un parapluie ou une écharpe. La grosse patte poilue passait les objets à travers le rideau, toujours avec un « Voilà, bonne journée ! » plein de politesse. Soudain, un petit garçon aux joues rondes, Jules, s'approcha en trottinant. « Mon lapin ! C'est mon lapin ! Je l'ai perdu en juin ! » Gromelot, ému, se pencha trop en avant. Le rideau glissa, vacilla, puis tomba par terre dans un grand frou-frou de draps. Un silence de cathédrale tomba sur la cour. Trois yeux ronds clignèrent. Une maman recula d'un pas. Alors Jules, sans lâcher son lapin, s'avança vers le géant et lui serra la jambe de toutes ses forces. « Merci, monsieur le monstre. Tu sens la forêt et la pluie, c'est joli. » Le silence céda la place à des rires, puis à des applaudissements. Le directeur lui-même vint serrer la patte de Gromelot. Le lundi suivant, en passant sous le pont, Lou découvrit une pancarte accrochée à l'arche, peinte de lettres un peu penchées : « Objets trouvés. Sonner deux fois. Gromelot vous accueille. » Et, juste en dessous, une petite sonnette de vélo.

Pour progresser : lisez d'abord le texte à voix haute, puis faites-le relire deux ou trois fois dans la semaine. Chronométrez une relecture pour voir le progrès de Lou.

Mots à expliquer
pénombre
:
Une lumière faible, entre l'ombre et la clarté, comme sous un pont ou dans une pièce aux volets presque fermés.
bredouilla
:
Parla d'une voix hésitante, en avalant ses mots, par timidité ou par émotion.
s'entassait
:
Était empilé en désordre, les uns sur les autres, en formant un gros tas.
vacilla
:
Se mit à pencher d'un côté puis de l'autre, comme si le rideau allait tomber.
pancarte
:
Un grand panneau, souvent fixé quelque part, qui porte un message écrit pour les passants.
Questions à poser après la lecture

Les réponses ne sont pas écrites dans le texte : on les devine avec les indices. Il n'y a pas une seule bonne formulation.

  1. À quoi sert la précision de Gromelot, qui note l'endroit exact où chaque objet a été ramassé ?
    Réponse attendue : À aider les propriétaires à retrouver leurs affaires : Gromelot veut vraiment tout rendre.
  2. Jules serre la jambe de Gromelot de toutes ses forces : que montre ce geste ?
    Réponse attendue : Que Jules n'a pas peur du tout : il est content d'avoir retrouvé son lapin et voit que le monstre est gentil.

À la maison, Lulio prend le relais : une histoire chaque soir où votre enfant est le héros, et un parcours de lecture adapté à son niveau. Le premier épisode est offert.

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Les repères officiels du CE1 au CM2

Chaque classe a un repère de fin d'année en mots correctement lus par minute, et beaucoup d'élèves n'y sont pas : en septembre 2025, seuls 53,2 % des élèves de début de CM2 avaient une fluence satisfaisante (DEPP, note d'information n° 26.31). Les chiffres classe par classe sont dans les repères de fluence par niveau.

Repères de fin d'année, en mots correctement lus par minute
Niveau Mots par minute en fin d'année
CE1 70
CE2 90
CM1 110
CM2 120

Qu'est-ce que la fluence en lecture ?

Un élève fluent lit assez facilement pour que le décodage ne lui prenne plus toute son attention. On mesure la fluence en mots correctement lus par minute (MCLM) : l'élève lit à voix haute un texte qu'il n'a pas préparé, et l'on compte les mots lus sans erreur en soixante secondes.

À la fin du CE1, l'élève connaît en principe toutes les correspondances entre lettres et sons. Ce qui le freine ensuite, c'est la vitesse. Tant qu'il déchiffre mot à mot, il dépense son énergie à décoder et retient mal l'histoire. Quand la lecture devient fluide, il peut suivre le sens. Les programmes de 2024 en font un objectif chiffré, du CE2 au CM2.

Mesurer la fluence en une minute

Prenez un texte du niveau de l'élève, qu'il n'a jamais lu. Lancez le chrono quand il commence. Au bout d'une minute, repérez le dernier mot lu et comptez les erreurs : mot sauté, remplacé ou mal lu. Sur cette page, il suffit de choisir le dernier mot dans le texte, le chrono fait le calcul. Si l'élève finit avant la minute, sa vitesse est ramenée à la minute.

Mesurez sur une première lecture. Une relecture va plus vite, et c'est tout l'intérêt de l'entraînement, mais elle ne dit rien du niveau.

La lecture répétée : ce que dit la recherche

Relire plusieurs fois le même texte fait partie des méthodes les plus étudiées. Dans la méta-analyse de Therrien (2004), elle améliore la fluence (effet de 0,75) et la compréhension (0,73). Chez les élèves en difficulté, une méta-analyse de Lee et Yoon (2017) trouve l'effet le plus fort quand l'élève écoute d'abord le texte lu par un adulte. Yang (2006) conclut que les meilleurs entraînements associent fluence et compréhension.

Concrètement, l'adulte lit le texte à voix haute, puis l'élève le relit deux ou trois fois dans la semaine. On chronomètre une des relectures pour voir le progrès. Chaque texte raconte une histoire complète, avec un début, un problème et une fin : une centaine de mots au CE1, une demi-page au CE2, une à deux pages au CM1 et au CM2.

Vocabulaire et implicite

Le programme du cycle 3 traite le vocabulaire comme un domaine à part entière : l'élève rencontre un mot nouveau en contexte, l'étudie, puis le réemploie. Il lui demande aussi de repérer dans un texte « les informations explicites » et de « pointer des informations implicites ».

Chaque texte est donc accompagné de quatre ou cinq mots à expliquer, choisis pour le niveau, et de deux questions dont la réponse n'est pas écrite noir sur blanc. Pourquoi un personnage agit-il ainsi ? Que ressent-il ? Que veut dire tel geste ? Roland Goigoux et Sylvie Cèbe placent ce travail sur l'implicite au centre de l'enseignement de la compréhension.

En classe et à la maison

Le bouton Imprimer ne sort que le texte, sans les questions. On peut le distribuer, le projeter, ou le faire lire en binôme : un élève lit, l'autre suit et compte. À la maison, un parent peut faire la même chose. Le prénom du héros se change, et l'élève lit alors une histoire dont il est le personnage principal.

Votre élève bute encore sur certains sons ? Les textes déchiffrables se composent avec les seuls sons étudiés en classe, du CP au CE1.

Sources

Son prénom, ses mondes, sa première histoire

Neuf questions, trois minutes. Vous voyez son univers se construire écran après écran, et son premier épisode, offert, s'écrit aussitôt.

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