Textes de fluence à lire à voix haute, du CE1 au CM2
Choisissez un niveau pour voir tous ses textes, ou composez-en un avec le prénom de l'élève. Chaque texte vient avec les mots à expliquer, deux questions de compréhension et un chrono d'une minute pour compter les mots lus.
Ou tirez un texte au hasard, avec le thème et le prénom de votre choix :
Mesurer la vitesse de lecture
Lancez le chrono quand l'élève commence à lire un texte encore inconnu. À la fin, choisissez le dernier mot lu et indiquez le nombre d'erreurs : le score s'affiche ici, et Lulio n'en garde aucune trace. Objectif à ce niveau : 120 mots bien lus en une minute.
La première fois, votre téléphone ou votre ordinateur vous demande d'autoriser le micro. L'enregistrement reste sur votre appareil : Lulio ne le reçoit pas et ne le garde pas. Il s'efface dès que vous quittez la page. En savoir plus
Texte de CM2
Pour le week-end de la Toussaint, Oncle Théo avait emmené Lou et Zoé, la cousine de Lou, camper au bord d'un petit lac, dans un coin de forêt. La tente était plantée sous les chênes, les duvets bien rangés côte à côte, et une soupe aux champignons avait chauffé sur le réchaud. Vers neuf heures, tous les deux se couchèrent, une lampe frontale posée entre les sacs. Vers minuit, un bruit réveilla Lou. Scritch… scritch… crac. Une pause. Puis encore : scritch, scritch, frrrr. Quelque chose avançait juste de l'autre côté de la toile, tout près de l'oreille. Dehors, la nuit s'était refermée comme une grande main noire. « Zoé ? chuchota Lou. Tu entends ? — Mmmh… un ours, marmonna Zoé en se retournant. Je suis sûre que c'est un ours. » Et Zoé se rendormit aussitôt, laissant Lou les yeux grands ouverts. Un ours, dans cette forêt ? Absurde. Mais le bruit recommença, plus lent, plus lourd, comme si quelqu'un traînait un sac de cailloux sur les feuilles mortes. Lou attrapa la lampe frontale, ouvrit la fermeture à glissière de la tente centimètre par centimètre et glissa la tête dehors. Oncle Théo dormait dans la tente voisine ; mieux valait ne pas le réveiller pour rien. Le faisceau lumineux balaya l'herbe, un tronc, un buisson. Scritch. Plus rien. Une branche craqua juste à gauche. Lou tourna la lampe d'un coup. Au pied d'un chêne, une petite boule hérissée de piquants avançait en reniflant, avec une drôle de bosse sur le dos. Un museau pointu apparut, deux yeux ronds comme des perles noires, et la bête s'arrêta pour fixer la lumière. Un hérisson. Et, planté sur ses piquants, un tas de feuilles mortes que le hérisson transportait avec soin, comme un chapeau trop grand. Retenant son souffle, Lou regarda l'animal contourner la tente, tout occupé à sa besogne. Avec son chargement, le hérisson gravit lentement une petite butte, déposa son fardeau au pied d'un tas de branches, repartit chercher d'autres feuilles. Scritch, scritch, frrrr : on ne pouvait pas faire plus discret. « C'est toi, alors, murmura Lou. Tu prépares ta maison pour l'hiver. » Le lendemain matin, Zoé secoua la toile en bâillant. « Alors, ton ours, tu l'as rencontré ? » Pour toute réponse, Lou montra du doigt la butte, derrière la tente, où un monticule de feuilles s'élevait entre les branches. « Voilà notre voisin, arrivé cette nuit. — Un hérisson ? Tout ce bruit pour un hérisson ? » Oncle Théo, venu aux nouvelles, siffla de surprise. « Eh bien, on dirait qu'on a reçu des visiteurs. Ce soir, on baissera la voix. Pas question de gêner un locataire aussi laborieux. »
Réécouter
Pour progresser : lisez d'abord le texte à voix haute, puis faites-le relire deux ou trois fois dans la semaine. Chronométrez une relecture pour voir le progrès de Lou.
Mots à expliquer
- faisceau :
- Un rayon de lumière étroit et allongé, comme celui d'une lampe de poche.
- hérissée :
- Couverte de piquants ou de poils dressés, comme un hérisson qui se protège.
- besogne :
- Un travail à faire, souvent fatigant ou répétitif, dont on s'occupe avec application.
- fardeau :
- Une charge lourde qu'on porte avec peine sur le dos ou dans les bras.
- laborieux :
- Qui travaille beaucoup et avec application, sans se laisser décourager.
Questions à poser après la lecture
Les réponses ne sont pas écrites dans le texte : on les devine avec les indices. Il n'y a pas une seule bonne formulation.
- Zoé dit « un ours » puis se rendort aussitôt : que montre cette réaction ?
Réponse attendue : Zoé plaisante et a trop sommeil pour s'inquiéter ; elle ne prend pas le bruit au sérieux. - Oncle Théo parle d'un « locataire aussi laborieux » : de qui parle-t-on, et pourquoi ce mot ?
Réponse attendue : Du hérisson, qui s'installe pour l'hiver sur la butte près des tentes, comme un locataire qui emménage.
À la maison, Lulio prend le relais : une histoire chaque soir où votre enfant est le héros, et un parcours de lecture adapté à son niveau. Le premier épisode est offert.
Essayer gratuitementLes repères officiels du CE1 au CM2
Chaque classe a un repère de fin d'année en mots correctement lus par minute, et beaucoup d'élèves n'y sont pas : en septembre 2025, seuls 53,2 % des élèves de début de CM2 avaient une fluence satisfaisante (DEPP, note d'information n° 26.31). Les chiffres classe par classe sont dans les repères de fluence par niveau.
| Niveau | Mots par minute en fin d'année |
|---|---|
| CE1 | 70 |
| CE2 | 90 |
| CM1 | 110 |
| CM2 | 120 |
Qu'est-ce que la fluence en lecture ?
Un élève fluent lit assez facilement pour que le décodage ne lui prenne plus toute son attention. On mesure la fluence en mots correctement lus par minute (MCLM) : l'élève lit à voix haute un texte qu'il n'a pas préparé, et l'on compte les mots lus sans erreur en soixante secondes.
À la fin du CE1, l'élève connaît en principe toutes les correspondances entre lettres et sons. Ce qui le freine ensuite, c'est la vitesse. Tant qu'il déchiffre mot à mot, il dépense son énergie à décoder et retient mal l'histoire. Quand la lecture devient fluide, il peut suivre le sens. Les programmes de 2024 en font un objectif chiffré, du CE2 au CM2.
Mesurer la fluence en une minute
Prenez un texte du niveau de l'élève, qu'il n'a jamais lu. Lancez le chrono quand il commence. Au bout d'une minute, repérez le dernier mot lu et comptez les erreurs : mot sauté, remplacé ou mal lu. Sur cette page, il suffit de choisir le dernier mot dans le texte, le chrono fait le calcul. Si l'élève finit avant la minute, sa vitesse est ramenée à la minute.
Mesurez sur une première lecture. Une relecture va plus vite, et c'est tout l'intérêt de l'entraînement, mais elle ne dit rien du niveau.
La lecture répétée : ce que dit la recherche
Relire plusieurs fois le même texte fait partie des méthodes les plus étudiées. Dans la méta-analyse de Therrien (2004), elle améliore la fluence (effet de 0,75) et la compréhension (0,73). Chez les élèves en difficulté, une méta-analyse de Lee et Yoon (2017) trouve l'effet le plus fort quand l'élève écoute d'abord le texte lu par un adulte. Yang (2006) conclut que les meilleurs entraînements associent fluence et compréhension.
Concrètement, l'adulte lit le texte à voix haute, puis l'élève le relit deux ou trois fois dans la semaine. On chronomètre une des relectures pour voir le progrès. Chaque texte raconte une histoire complète, avec un début, un problème et une fin : une centaine de mots au CE1, une demi-page au CE2, une à deux pages au CM1 et au CM2.
Vocabulaire et implicite
Le programme du cycle 3 traite le vocabulaire comme un domaine à part entière : l'élève rencontre un mot nouveau en contexte, l'étudie, puis le réemploie. Il lui demande aussi de repérer dans un texte « les informations explicites » et de « pointer des informations implicites ».
Chaque texte est donc accompagné de quatre ou cinq mots à expliquer, choisis pour le niveau, et de deux questions dont la réponse n'est pas écrite noir sur blanc. Pourquoi un personnage agit-il ainsi ? Que ressent-il ? Que veut dire tel geste ? Roland Goigoux et Sylvie Cèbe placent ce travail sur l'implicite au centre de l'enseignement de la compréhension.
En classe et à la maison
Le bouton Imprimer ne sort que le texte, sans les questions. On peut le distribuer, le projeter, ou le faire lire en binôme : un élève lit, l'autre suit et compte. À la maison, un parent peut faire la même chose. Le prénom du héros se change, et l'élève lit alors une histoire dont il est le personnage principal.
Votre élève bute encore sur certains sons ? Les textes déchiffrables se composent avec les seuls sons étudiés en classe, du CP au CE1.
Sources
- Ministère de l'Éducation nationale, programme de français du cycle 3 (CM1, CM2, 6e), décembre 2024
- Ministère de l'Éducation nationale, programme de français du cycle 2, BO n° 41 du 31 octobre 2024
- DEPP, « Fluence de lecture : une dynamique d'apprentissage plus forte à l'école qu'au collège », note d'information n° 26.31, juillet 2026
- Eduscol, repères pour travailler la fluence
- Therrien, « Fluency and Comprehension Gains as a Result of Repeated Reading: A Meta-Analysis », Remedial and Special Education, 2004 (résumé ASHA)
- Lee, Yoon, « The Effects of Repeated Reading on Reading Fluency for Students With Reading Disabilities: A Meta-Analysis », Journal of Learning Disabilities, 2017
- Yang, « A meta-analysis of the effects of interventions to increase reading fluency among elementary school students », Vanderbilt University, 2006
- Goigoux, Cèbe, « Compréhension au cycle 2 : dernières recherches » (académie de Nice)
Son prénom, ses mondes, sa première histoire
Neuf questions, trois minutes. Vous voyez son univers se construire écran après écran, et son premier épisode, offert, s'écrit aussitôt.
Essayer gratuitementLe premier épisode est offert, sans carte bancaire.