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Textes de fluence à lire à voix haute, du CE1 au CM2

Choisissez un niveau pour voir tous ses textes, ou composez-en un avec le prénom de l'élève. Chaque texte vient avec les mots à expliquer, deux questions de compréhension et un chrono d'une minute pour compter les mots lus.

Ou tirez un texte au hasard, avec le thème et le prénom de votre choix :

Un autre texte

Mesurer la vitesse de lecture

Lancez le chrono quand l'élève commence à lire un texte encore inconnu. À la fin, choisissez le dernier mot lu et indiquez le nombre d'erreurs : le score s'affiche ici, et Lulio n'en garde aucune trace. Objectif à ce niveau : 120 mots bien lus en une minute.

Texte de CM2

Le vent d'automne secouait les arbres du parc, décidé à les vider de toutes leurs feuilles. Lou avançait en remontant sa capuche, un seau à la main, à côté de son cousin Lazare qui sautait dans chaque tas rouge et or. « Les châtaignes sont tombées cette nuit ! cria Lazare. Dépêche-toi, avant que les écureuils les piquent toutes ! » Sous le grand châtaignier, le sol était jonché de bogues vertes, hérissées comme des oursins. Lou appuya dessus du bout de sa botte, et les châtaignes apparurent, lisses, brillantes, couleur d'acajou. Les châtaignes tombaient dans le seau avec un joli tintement. Bientôt le fond fut couvert, et le seau devint si lourd que le bras de Lou commença à tirer. Soudain, le ciel noircit. Un grondement sourd roula au-dessus des cimes, et de grosses gouttes se mirent à claquer sur les feuilles mortes. « Vite, à l'abri ! hurla Lazare. — Attends ! » Une bourrasque venait d'arracher l'écharpe de Lou. Le long ruban de laine s'envola comme un oiseau et alla s'accrocher dans un buisson de ronces. Lou courut le rattraper. Les cheveux ruisselants, Lou se baissa sous les épines. Là, au pied du buisson, un tas de feuilles remuait. Doucement. Une petite boule piquante en sortit le museau, renifla, puis se roula d'un coup en pelote. « Un hérisson ! souffla Lou. — Ne bouge plus, murmura Lazare en rejoignant Lou. Celui-là cherche un coin pour dormir tout l'hiver. Avec cette pluie, son lit sera trempé avant ce soir. » Sans un mot, les deux cousins ramassèrent les feuilles les plus sèches, abritées sous une pierre, et refirent le toit de la petite bête. Quand le tas fut bien arrondi, Lou hésita, puis drapa l'écharpe par-dessus, comme une couverture. « Tu vas avoir froid au cou, remarqua Lazare. — Je la prête, répondit Lou. Les voisins, ça s'entraide. » Le soir, dans la cuisine de mamie Odile, les châtaignes grillaient dans la poêle trouée, et l'odeur de fumée chaude remplissait la maison. Lou, les cheveux encore mouillés, croqua une châtaigne brûlante en soufflant dessus et regarda la fenêtre. Dehors, la pluie tambourinait sur le toit. Quelque part, sous un tas de feuilles, quelqu'un dormait au chaud.

Pour progresser : lisez d'abord le texte à voix haute, puis faites-le relire deux ou trois fois dans la semaine. Chronométrez une relecture pour voir le progrès de Lou.

Mots à expliquer
bogues
:
Enveloppes vertes et piquantes qui protègent les châtaignes sur l'arbre.
jonché
:
Couvert de choses éparpillées un peu partout.
cimes
:
Sommets des arbres, tout en haut.
bourrasque
:
Coup de vent violent et brusque, qui ne dure pas.
ruisselants
:
Qui laissent couler beaucoup d'eau, comme un petit ruisseau.
Questions à poser après la lecture

Les réponses ne sont pas écrites dans le texte : on les devine avec les indices. Il n'y a pas une seule bonne formulation.

  1. Lou pose son écharpe sur le tas de feuilles : pourquoi ce geste ?
    Réponse attendue : Pour protéger le hérisson de la pluie et lui offrir un abri solide pour passer l'hiver.
  2. La dernière phrase dit que « quelqu'un dormait au chaud » sous un tas de feuilles : de quel animal parle-t-on, et que montre cette phrase sur Lou ?
    Réponse attendue : Du hérisson. Lou pense à lui même au chaud dans la cuisine, et se réjouit de l'avoir aidé.

À la maison, Lulio prend le relais : une histoire chaque soir où votre enfant est le héros, et un parcours de lecture adapté à son niveau. Le premier épisode est offert.

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Les repères officiels du CE1 au CM2

Chaque classe a un repère de fin d'année en mots correctement lus par minute, et beaucoup d'élèves n'y sont pas : en septembre 2025, seuls 53,2 % des élèves de début de CM2 avaient une fluence satisfaisante (DEPP, note d'information n° 26.31). Les chiffres classe par classe sont dans les repères de fluence par niveau.

Repères de fin d'année, en mots correctement lus par minute
Niveau Mots par minute en fin d'année
CE1 70
CE2 90
CM1 110
CM2 120

Qu'est-ce que la fluence en lecture ?

Un élève fluent lit assez facilement pour que le décodage ne lui prenne plus toute son attention. On mesure la fluence en mots correctement lus par minute (MCLM) : l'élève lit à voix haute un texte qu'il n'a pas préparé, et l'on compte les mots lus sans erreur en soixante secondes.

À la fin du CE1, l'élève connaît en principe toutes les correspondances entre lettres et sons. Ce qui le freine ensuite, c'est la vitesse. Tant qu'il déchiffre mot à mot, il dépense son énergie à décoder et retient mal l'histoire. Quand la lecture devient fluide, il peut suivre le sens. Les programmes de 2024 en font un objectif chiffré, du CE2 au CM2.

Mesurer la fluence en une minute

Prenez un texte du niveau de l'élève, qu'il n'a jamais lu. Lancez le chrono quand il commence. Au bout d'une minute, repérez le dernier mot lu et comptez les erreurs : mot sauté, remplacé ou mal lu. Sur cette page, il suffit de choisir le dernier mot dans le texte, le chrono fait le calcul. Si l'élève finit avant la minute, sa vitesse est ramenée à la minute.

Mesurez sur une première lecture. Une relecture va plus vite, et c'est tout l'intérêt de l'entraînement, mais elle ne dit rien du niveau.

La lecture répétée : ce que dit la recherche

Relire plusieurs fois le même texte fait partie des méthodes les plus étudiées. Dans la méta-analyse de Therrien (2004), elle améliore la fluence (effet de 0,75) et la compréhension (0,73). Chez les élèves en difficulté, une méta-analyse de Lee et Yoon (2017) trouve l'effet le plus fort quand l'élève écoute d'abord le texte lu par un adulte. Yang (2006) conclut que les meilleurs entraînements associent fluence et compréhension.

Concrètement, l'adulte lit le texte à voix haute, puis l'élève le relit deux ou trois fois dans la semaine. On chronomètre une des relectures pour voir le progrès. Chaque texte raconte une histoire complète, avec un début, un problème et une fin : une centaine de mots au CE1, une demi-page au CE2, une à deux pages au CM1 et au CM2.

Vocabulaire et implicite

Le programme du cycle 3 traite le vocabulaire comme un domaine à part entière : l'élève rencontre un mot nouveau en contexte, l'étudie, puis le réemploie. Il lui demande aussi de repérer dans un texte « les informations explicites » et de « pointer des informations implicites ».

Chaque texte est donc accompagné de quatre ou cinq mots à expliquer, choisis pour le niveau, et de deux questions dont la réponse n'est pas écrite noir sur blanc. Pourquoi un personnage agit-il ainsi ? Que ressent-il ? Que veut dire tel geste ? Roland Goigoux et Sylvie Cèbe placent ce travail sur l'implicite au centre de l'enseignement de la compréhension.

En classe et à la maison

Le bouton Imprimer ne sort que le texte, sans les questions. On peut le distribuer, le projeter, ou le faire lire en binôme : un élève lit, l'autre suit et compte. À la maison, un parent peut faire la même chose. Le prénom du héros se change, et l'élève lit alors une histoire dont il est le personnage principal.

Votre élève bute encore sur certains sons ? Les textes déchiffrables se composent avec les seuls sons étudiés en classe, du CP au CE1.

Sources

Son prénom, ses mondes, sa première histoire

Neuf questions, trois minutes. Vous voyez son univers se construire écran après écran, et son premier épisode, offert, s'écrit aussitôt.

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Le premier épisode est offert, sans carte bancaire.