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Textes de fluence à lire à voix haute, du CE1 au CM2

Choisissez un niveau pour voir tous ses textes, ou composez-en un avec le prénom de l'élève. Chaque texte vient avec les mots à expliquer, deux questions de compréhension et un chrono d'une minute pour compter les mots lus.

Ou tirez un texte au hasard, avec le thème et le prénom de votre choix :

Un autre texte

Mesurer la vitesse de lecture

Lancez le chrono quand l'élève commence à lire un texte encore inconnu. À la fin, choisissez le dernier mot lu et indiquez le nombre d'erreurs : le score s'affiche ici, et Lulio n'en garde aucune trace. Objectif à ce niveau : 110 mots bien lus en une minute.

Texte de CM1

Ce matin-là, la pluie avait cessé et la fenêtre de Lou laissait entrer un air tiède qui sentait l'herbe mouillée. Plus besoin de manteau ! Mamie Josette attendait déjà dans l'entrée, un carnet à la main. « Mission de printemps, annonça Mamie Josette. Nous partons à la recherche de dix signes. Un seul oubli, et l'hiver aura gagné. » Lou éclata de rire, puis suivit Mamie Josette sur le chemin du ruisseau. Les premiers signes arrivèrent vite. Les bourgeons du marronnier gonflaient comme de petits poings verts. Des perce-neige perçaient la terre, minuscules clochettes blanches. Un bourdon, lourd et maladroit, se cognait contre une branche. « Sept ! comptait Lou en cochant le carnet. Huit ! » Mais le neuvième signe se faisait attendre. Le vent frais sifflait entre les peupliers et les nuages s'amoncelaient. Lou frissonna. « Rien ne bouge, soupira Mamie Josette. Un signe nous manque. Un seul ! » Alors Lou leva les yeux vers le grand chêne. Là-haut, sur une branche, un merle sautillait en gonflant sa poitrine. Soudain, le merle lança une longue mélodie, claire et joyeuse, qui roula sur toute la prairie. D'autres oiseaux répondirent depuis les haies. « Le concert du matin, murmura Lou. Le neuvième signe ! » Un dernier signe restait à trouver, et les nuages se refermaient. Puis Lou remarqua une tache jaune au pied du talus : un pissenlit, tout seul, le visage tourné vers un rayon de soleil qui perçait enfin le gris. « Dix ! Le printemps a gagné ! » Mamie Josette ferma le carnet d'un geste solennel. « Rentrons fêter ça. J'ai une brioche au four, et je crois que le printemps adore les brioches. »

Pour progresser : lisez d'abord le texte à voix haute, puis faites-le relire deux ou trois fois dans la semaine. Chronométrez une relecture pour voir le progrès de Lou.

Mots à expliquer
bourgeons
:
Les petites boules qui apparaissent sur les branches et qui s'ouvrent pour donner des feuilles ou des fleurs.
perce-neige
:
Une petite fleur blanche qui sort de terre à la fin de l'hiver.
bourdon
:
Un gros insecte velu, cousin de l'abeille, qui fait un bruit grave en volant.
s'amoncelaient
:
Se rassemblaient en grand nombre, les uns sur les autres.
talus
:
Une pente de terre au bord d'un chemin ou d'un champ.
solennel
:
Très sérieux et plein d'importance, comme pour une cérémonie.
Questions à poser après la lecture

Les réponses ne sont pas écrites dans le texte : on les devine avec les indices. Il n'y a pas une seule bonne formulation.

  1. Que veut dire Mamie Josette quand elle prévient qu'un seul oubli et « l'hiver aura gagné » ?
    Réponse attendue : C'est un jeu : si les dix signes ne sont pas tous trouvés, le printemps n'est pas vraiment arrivé. Mamie Josette rend la balade amusante avec une petite menace pour rire.
  2. Pourquoi le rayon de soleil arrive-t-il juste au bon moment ?
    Réponse attendue : Le vent et les nuages menaçaient de gâcher la sortie. Le soleil éclaire le pissenlit, ce qui permet de trouver le dixième signe et de gagner le jeu.

À la maison, Lulio prend le relais : une histoire chaque soir où votre enfant est le héros, et un parcours de lecture adapté à son niveau. Le premier épisode est offert.

Essayer gratuitement

Les repères officiels du CE1 au CM2

Chaque classe a un repère de fin d'année en mots correctement lus par minute, et beaucoup d'élèves n'y sont pas : en septembre 2025, seuls 53,2 % des élèves de début de CM2 avaient une fluence satisfaisante (DEPP, note d'information n° 26.31). Les chiffres classe par classe sont dans les repères de fluence par niveau.

Repères de fin d'année, en mots correctement lus par minute
Niveau Mots par minute en fin d'année
CE1 70
CE2 90
CM1 110
CM2 120

Qu'est-ce que la fluence en lecture ?

Un élève fluent lit assez facilement pour que le décodage ne lui prenne plus toute son attention. On mesure la fluence en mots correctement lus par minute (MCLM) : l'élève lit à voix haute un texte qu'il n'a pas préparé, et l'on compte les mots lus sans erreur en soixante secondes.

À la fin du CE1, l'élève connaît en principe toutes les correspondances entre lettres et sons. Ce qui le freine ensuite, c'est la vitesse. Tant qu'il déchiffre mot à mot, il dépense son énergie à décoder et retient mal l'histoire. Quand la lecture devient fluide, il peut suivre le sens. Les programmes de 2024 en font un objectif chiffré, du CE2 au CM2.

Mesurer la fluence en une minute

Prenez un texte du niveau de l'élève, qu'il n'a jamais lu. Lancez le chrono quand il commence. Au bout d'une minute, repérez le dernier mot lu et comptez les erreurs : mot sauté, remplacé ou mal lu. Sur cette page, il suffit de choisir le dernier mot dans le texte, le chrono fait le calcul. Si l'élève finit avant la minute, sa vitesse est ramenée à la minute.

Mesurez sur une première lecture. Une relecture va plus vite, et c'est tout l'intérêt de l'entraînement, mais elle ne dit rien du niveau.

La lecture répétée : ce que dit la recherche

Relire plusieurs fois le même texte fait partie des méthodes les plus étudiées. Dans la méta-analyse de Therrien (2004), elle améliore la fluence (effet de 0,75) et la compréhension (0,73). Chez les élèves en difficulté, une méta-analyse de Lee et Yoon (2017) trouve l'effet le plus fort quand l'élève écoute d'abord le texte lu par un adulte. Yang (2006) conclut que les meilleurs entraînements associent fluence et compréhension.

Concrètement, l'adulte lit le texte à voix haute, puis l'élève le relit deux ou trois fois dans la semaine. On chronomètre une des relectures pour voir le progrès. Chaque texte raconte une histoire complète, avec un début, un problème et une fin : une centaine de mots au CE1, une demi-page au CE2, une à deux pages au CM1 et au CM2.

Vocabulaire et implicite

Le programme du cycle 3 traite le vocabulaire comme un domaine à part entière : l'élève rencontre un mot nouveau en contexte, l'étudie, puis le réemploie. Il lui demande aussi de repérer dans un texte « les informations explicites » et de « pointer des informations implicites ».

Chaque texte est donc accompagné de quatre ou cinq mots à expliquer, choisis pour le niveau, et de deux questions dont la réponse n'est pas écrite noir sur blanc. Pourquoi un personnage agit-il ainsi ? Que ressent-il ? Que veut dire tel geste ? Roland Goigoux et Sylvie Cèbe placent ce travail sur l'implicite au centre de l'enseignement de la compréhension.

En classe et à la maison

Le bouton Imprimer ne sort que le texte, sans les questions. On peut le distribuer, le projeter, ou le faire lire en binôme : un élève lit, l'autre suit et compte. À la maison, un parent peut faire la même chose. Le prénom du héros se change, et l'élève lit alors une histoire dont il est le personnage principal.

Votre élève bute encore sur certains sons ? Les textes déchiffrables se composent avec les seuls sons étudiés en classe, du CP au CE1.

Sources

Son prénom, ses mondes, sa première histoire

Neuf questions, trois minutes. Vous voyez son univers se construire écran après écran, et son premier épisode, offert, s'écrit aussitôt.

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