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Textes de fluence à lire à voix haute, du CE1 au CM2

Choisissez un niveau pour voir tous ses textes, ou composez-en un avec le prénom de l'élève. Chaque texte vient avec les mots à expliquer, deux questions de compréhension et un chrono d'une minute pour compter les mots lus.

Ou tirez un texte au hasard, avec le thème et le prénom de votre choix :

Un autre texte

Mesurer la vitesse de lecture

Lancez le chrono quand l'élève commence à lire un texte encore inconnu. À la fin, choisissez le dernier mot lu et indiquez le nombre d'erreurs : le score s'affiche ici, et Lulio n'en garde aucune trace. Objectif à ce niveau : 110 mots bien lus en une minute.

Texte de CM1

Chaque après-midi, dans le jardin de Grand-mère, le téléphone sonnait. Din-din-diliiin ! Grand-mère lâchait son tricot, se précipitait vers la maison en répétant « J'arrive ! », et trouvait... rien du tout. Le téléphone restait muet sur sa table. « C'est étrange, répéta Grand-mère pour la troisième fois. Je jurerais que ça venait du poirier. » Lou leva le nez. La sonnerie retentit encore, juste au-dessus, claire et joyeuse. Mais le téléphone, lui, dormait toujours à l'intérieur. « Prête-moi tes jumelles, Grand-mère. » Lou s'installa sur une chaise, les jumelles collées aux yeux, et balaya lentement les branches du poirier. Les feuilles bougeaient. Un pigeon roucoulait, deux moineaux se disputaient une miette. Et tout en haut, sur la plus haute branche, un oiseau noir au plumage pailleté de taches claires gonflait la gorge. Din-din-diliiin ! Le bec de l'oiseau s'était ouvert en grand. Lou partit d'un fou rire. « Grand-mère ! C'est un étourneau ! Ton téléphone, c'est lui ! » Grand-mère ouvrit des yeux ronds. « Un oiseau qui téléphone ? On aura tout vu ! » Grand-mère approcha, regarda à son tour, et l'étourneau, très fier de son effet, enchaîna avec un miaulement de chat, puis un grincement de portail, puis de nouveau la sonnerie. « Quel moqueur ! rit Grand-mère. Cet oiseau va me rendre folle. » Le lendemain, la vraie sonnerie retentit dans la maison. Grand-mère ne bougea pas d'un pouce. « Au loup, au loup, murmura Grand-mère en faisant un clin d'œil à Lou. Je n'y crois plus. » Mais cette fois, la sonnerie ne s'arrêtait pas. Alors Lou courut décrocher. C'était Papa, qui appelait pour dire bonjour. Oui, cette fois, c'était vrai.

Pour progresser : lisez d'abord le texte à voix haute, puis faites-le relire deux ou trois fois dans la semaine. Chronométrez une relecture pour voir le progrès de Lou.

Mots à expliquer
jumelles
:
Un instrument à deux tubes qui permet de voir de loin, comme si l'on était tout près.
plumage
:
L'ensemble des plumes qui couvrent le corps d'un oiseau.
étourneau
:
Un oiseau noir tacheté de clair, capable de copier des sons qu'il entend.
moqueur
:
Qui aime imiter les autres ou se moquer d'eux gentiment.
au loup
:
Mot qui rappelle la fable où l'on ne croit plus quelqu'un qui a trop souvent donné de fausses alertes.
Questions à poser après la lecture

Les réponses ne sont pas écrites dans le texte : on les devine avec les indices. Il n'y a pas une seule bonne formulation.

  1. Que veut dire Grand-mère par « Au loup, au loup… Je n'y crois plus » ?
    Réponse attendue : Comme dans la fable, à force de fausses alertes de l'étourneau, elle ne croit plus aucune sonnerie, même la vraie.
  2. Qu'est-ce qui fait comprendre à Lou que cette sonnerie-là n'est pas celle de l'étourneau ?
    Réponse attendue : Elle vient de l'intérieur de la maison et ne s'arrête pas, alors que l'oiseau chantait dans le poirier.

À la maison, Lulio prend le relais : une histoire chaque soir où votre enfant est le héros, et un parcours de lecture adapté à son niveau. Le premier épisode est offert.

Essayer gratuitement

Les repères officiels du CE1 au CM2

Chaque classe a un repère de fin d'année en mots correctement lus par minute, et beaucoup d'élèves n'y sont pas : en septembre 2025, seuls 53,2 % des élèves de début de CM2 avaient une fluence satisfaisante (DEPP, note d'information n° 26.31). Les chiffres classe par classe sont dans les repères de fluence par niveau.

Repères de fin d'année, en mots correctement lus par minute
Niveau Mots par minute en fin d'année
CE1 70
CE2 90
CM1 110
CM2 120

Qu'est-ce que la fluence en lecture ?

Un élève fluent lit assez facilement pour que le décodage ne lui prenne plus toute son attention. On mesure la fluence en mots correctement lus par minute (MCLM) : l'élève lit à voix haute un texte qu'il n'a pas préparé, et l'on compte les mots lus sans erreur en soixante secondes.

À la fin du CE1, l'élève connaît en principe toutes les correspondances entre lettres et sons. Ce qui le freine ensuite, c'est la vitesse. Tant qu'il déchiffre mot à mot, il dépense son énergie à décoder et retient mal l'histoire. Quand la lecture devient fluide, il peut suivre le sens. Les programmes de 2024 en font un objectif chiffré, du CE2 au CM2.

Mesurer la fluence en une minute

Prenez un texte du niveau de l'élève, qu'il n'a jamais lu. Lancez le chrono quand il commence. Au bout d'une minute, repérez le dernier mot lu et comptez les erreurs : mot sauté, remplacé ou mal lu. Sur cette page, il suffit de choisir le dernier mot dans le texte, le chrono fait le calcul. Si l'élève finit avant la minute, sa vitesse est ramenée à la minute.

Mesurez sur une première lecture. Une relecture va plus vite, et c'est tout l'intérêt de l'entraînement, mais elle ne dit rien du niveau.

La lecture répétée : ce que dit la recherche

Relire plusieurs fois le même texte fait partie des méthodes les plus étudiées. Dans la méta-analyse de Therrien (2004), elle améliore la fluence (effet de 0,75) et la compréhension (0,73). Chez les élèves en difficulté, une méta-analyse de Lee et Yoon (2017) trouve l'effet le plus fort quand l'élève écoute d'abord le texte lu par un adulte. Yang (2006) conclut que les meilleurs entraînements associent fluence et compréhension.

Concrètement, l'adulte lit le texte à voix haute, puis l'élève le relit deux ou trois fois dans la semaine. On chronomètre une des relectures pour voir le progrès. Chaque texte raconte une histoire complète, avec un début, un problème et une fin : une centaine de mots au CE1, une demi-page au CE2, une à deux pages au CM1 et au CM2.

Vocabulaire et implicite

Le programme du cycle 3 traite le vocabulaire comme un domaine à part entière : l'élève rencontre un mot nouveau en contexte, l'étudie, puis le réemploie. Il lui demande aussi de repérer dans un texte « les informations explicites » et de « pointer des informations implicites ».

Chaque texte est donc accompagné de quatre ou cinq mots à expliquer, choisis pour le niveau, et de deux questions dont la réponse n'est pas écrite noir sur blanc. Pourquoi un personnage agit-il ainsi ? Que ressent-il ? Que veut dire tel geste ? Roland Goigoux et Sylvie Cèbe placent ce travail sur l'implicite au centre de l'enseignement de la compréhension.

En classe et à la maison

Le bouton Imprimer ne sort que le texte, sans les questions. On peut le distribuer, le projeter, ou le faire lire en binôme : un élève lit, l'autre suit et compte. À la maison, un parent peut faire la même chose. Le prénom du héros se change, et l'élève lit alors une histoire dont il est le personnage principal.

Votre élève bute encore sur certains sons ? Les textes déchiffrables se composent avec les seuls sons étudiés en classe, du CP au CE1.

Sources

Son prénom, ses mondes, sa première histoire

Neuf questions, trois minutes. Vous voyez son univers se construire écran après écran, et son premier épisode, offert, s'écrit aussitôt.

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